Certes non. Ce fil devient assez difficile à suivre d'autant que je manie les tags html comme un début et que je ne peux donc mettre les "quote appropriés. Je tenterai donc si vous le voulez bien de répondre en une traite sans citations.
Je commence enfin à comprendre la nature de notre différend. Si vous me permettez un raccourci, vous êtes un pragmatiste qui placez la résolution des différents problèmes sur un pied différent, alors que j'aurais plutôt tendance à me ranger du côté des idéalistes qui tentent d'appliquer le même raisonnement à chaque situation et à toutes les examiner à la lueur de l'idéal que je poursuis.
En ce qui concerne l'armée, vous avez effectivement raison. Ces types sont sous contrat et savent ce qui les attend, par conséquent les risques qu'ils prennent ont été - du moins je l'espère pour eux - pris en connaissance de cause et la mort en fait partie. Case closed.
Je suis conscient que ma position "pacifiste" (faute de terme plus adéquat) peut faciliter un rapprochement facile avec Shirak, mais je présume que vous êtes également trop fair-play que pour me placer dans la même catégorie. D'autant que mon "pacifisme" n'a rien à voir avec le fait "d'emmerder les ricains et de prouver au monde que mon pays est un grand pays". Il ressort de valeurs qui me sont propres et que je suis conscient de ne pas partager avec tous (heureusement d'ailleurs, sinon le monde serait bien uniforme).
Peut-être suis-je effectivement enclin à démoniser "l'Etat" comme certains démonisent "les Etats-Unis" ou "la libre entreprise" ou que sais-je encore. Je vous avoue que la comparaison ne m'était pas encore venue à l'esprit. Mais je pense que mon "case against the State" repose sur un corpus de preuves très étendu. L'histoire du 20ème siècle est, de mon point de vue du moins, l'histoire de l'extension du pouvoir de l'Etat sous divers prétextes (guerre, crash boursier, crise économique, menace bolchévique ou inversément menace capitaliste). Vue sous cet angle, la guerre contre le terrorisme islamique ou les Etats voyous représente un nouveau prétexte à l'extension du pouvoir de l'Etat. Ajoutons-y la guerre contre la drogue et la cigarette pour faire bonne mesure. Le fait que l'Irak de ce dictateur moustachu (encore un) se soit effondré aussi facilement sous les coups de boutoir des armées alliées n'est-il pas la preuve que le danger que représentait ce régime a été sciemment surestimé ?
Certes, les gains géopolitiques qu'entraîne la chute du régime baasiste ne sont pas négligeables. Mais ils s'inscrivent à mon sens dans une logique de confrontation qui n'aboutira qu'à raidir les positions de chaque partie du conflit : les islamistes d'une part, les occidentaux de l'autre, chacun justifiant son action par les forfaits réels ou imputés de l'autre camp. C'est à cette logique de confrontation potentiellement explosive et nettement plus dangereuse que j'entends également m'opposer.
En ce qui concerne Cuba, je suis parfaitement d'accord avec vous quand vous dites que les Européens (et en particulier les français et les belges) n'ont jamais cessé de courtiser le barbu de La Havane (chose que je dénonce d'ailleurs dans une de mes premières chroniques). Cependant, respecté ou non, l'embargo américain sur Cuba fournit à Castro un excellent épouvantail à agiter lorsqu'il s'agit de trouver une raison à toutes les misères dont est affligé le peuple cubain. Et c'est fort dommage. il aurait fort à faire pour expliquer aux cubains la misère dans laquelle il les tient s'il n'avait pas cette excuse facile.
Concernant le "coup bas" de l'orthographe, voyez-y un simple clin d'oeil et non une volonté délibérée de vous nuire. J''avoue que l'orthographe "you're" pour "your" a tendance à me faire sortir de mes gonds plus sans doute qu'il n'est nécessaire. j'ai quoi qu'il en soit répondu à l'argument dans lequel se trouvait le terme litigieux autrement que par un simple dénigrement de l'orthographe, je suppose que vous serez donc assez indulgent que pour que nous en restions là.
Je relis votre réponse et j'y vois notamment "La principale différence étant donc que contrairement à vous, j'imagine, je ne cherche pas une " vérité » supérieure et immanente mais les réponses les mieux adaptées, les plus efficaces et les moins coûteuses en vertu de critères concrets et de la prise en considération des réalités, le tout pesé soigneusement sur la balance de mes valeurs morales." Je tiens à préciser que je ne cherche pas plus que vous de vérité absolue et immanente. Je juge également chaque situation à l'aune de mes valeurs. Elles sont probablement différentes des vôtres, mais j'aime à croire que j'ai porté autant de soin à les rechercher et à les adopter que vous en avez apporté à déterminer les vôtres.
Bien à vous,
Constantin